La peur n'est pas un défaut de caractère : elle est inscrite dans l'évolution de l'espèce Equus caballus. En tant qu'animal proie, le cheval a survécu des millions d'années grâce à une vigilance constante et à une réponse de fuite rapide face aux prédateurs. Ce système d'alarme, piloté par l'amygdale et le système nerveux sympathique, est donc parfaitement adaptatif dans la nature.
Ce qui distingue un cheval peureux d'un cheval ordinaire, c'est l'intensité et la fréquence de ces réponses dans des contextes où le danger est objectivement absent ou minime. Cette réactivité élevée résulte de l'interaction de plusieurs facteurs :
- Le tempérament individuel : certains chevaux présentent une réactivité émotionnelle constitutionnellement plus haute, mesurable dès le jeune âge.
- L'état émotionnel du moment : un cheval fatigué, isolé ou douloureux aura un seuil de tolérance abaissé.
- L'histoire d'apprentissage : des expériences négatives passées peuvent avoir conditionné des réponses de peur durables.
- L'environnement : nouveauté, isolement, bruit soudain, transport — autant de contextes amplificateurs.
Il est important de noter qu'un « cheval peureux » ne constitue pas une catégorie clinique officielle unique, mais un profil comportemental caractérisé par une réactivité de peur élevée, évaluable par des outils standardisés.







