robe palomino — Guide Cheval
Races de chevaux

Robe Palomino : génétique, caractéristiques et élevage

Découvrez la robe palomino : définition, génétique du gène Crème, races concernées, élevage en France et prix du marché. Guide expert complet.

8 min de lecture1 494 mots
La robe palomino fascine par son éclat doré et ses crins d'argent, mais elle est souvent mal comprise : contrairement à une idée répandue, le palomino n'est pas une race de cheval, c'est un phénotype de couleur que l'on peut rencontrer dans de nombreuses races et types équins. Ce manteau spectaculaire résulte d'un mécanisme génétique précis — la dilution par une seule copie du gène Crème sur une base alezane — et obéit à des règles d'hérédité bien établies. Des registres américains fondés dès 1935 aux associations françaises actuelles, la robe palomino a su fédérer éleveurs et passionnés autour d'un idéal esthétique. Ce guide expert vous explique tout : définition, génétique, variantes, élevage et marché.

Fiche de la race

Origine
Attestée depuis des siècles, notamment associée aux chevaux ibériques diffusés dans les Amériques
Robes
Corps jaune-sable avec crinière et queue claires, Pas de points noirs

Définition et critères observables du palomino

Le terme palomino désigne une robe équine caractérisée par une combinaison précise de critères visuels. Il ne s'agit en aucun cas d'une race : n'importe quel cheval ou poney portant le bon génotype peut présenter ce manteau, quelle que soit son origine raciale.

Les trois critères visuels essentiels

Pour être reconnu comme palomino, un cheval doit réunir les caractéristiques suivantes :

  • Corps doré : la robe présente une teinte jaune dorée, souvent comparée à la couleur d'une pièce d'or. L'intensité peut varier du crème soutenu au cuivré.
  • Crins clairs : la crinière et la queue sont crème, blanches ou argentées — jamais noires ni fortement pigmentées.
  • Peau foncée : la peau est noire ou grise, ce qui distingue le palomino classique des doubles dilutions (cremello, perlino) à peau rose.

Les yeux sont généralement foncés, bien qu'ils puissent être légèrement plus clairs que ceux d'un cheval non dilué.

Variabilité et nuances reconnues

La teinte du palomino n'est pas figée : elle peut évoluer avec l'âge et les saisons, souvent plus soutenue en été et plus claire en hiver. Certains sujets présentent un effet dit sooty (charbonné), avec un mélange de poils plus sombres qui assombrit la robe.

L'IFCE, dans sa nomenclature officielle française, distingue trois catégories de nuances :

  • Palomino : teinte dorée standard
  • Palomino clair : robe très pâle, proche du crème
  • Palomino cuivré : robe riche, aux reflets roux prononcés

Cette classification est utilisée dans le cadre du SIRE pour l'identification officielle des équidés en France.

Génétique de la robe palomino : le gène Crème

La compréhension de la génétique du palomino est indispensable pour tout éleveur souhaitant produire cette robe de manière raisonnée. Le mécanisme repose sur un seul gène, bien identifié au niveau moléculaire.

Le mécanisme de dilution par le gène Crème

Le palomino résulte de l'action d'une seule copie du gène Crème (allèle Cr) sur une base alezane (génotype e/e au locus Extension). Ce gène agit par dominance incomplète : son effet dépend du nombre de copies présentes.

La mutation responsable a été identifiée dans le gène MATP (SLC45A2) : il s'agit d'une transition G→A dans l'exon 2, décrite dans une publication de Genetics Selection Evolution (2003). Le laboratoire UC Davis VGL propose un test génétique « Cream » permettant de distinguer les allèles N et Cr.

Selon la base de couleur, une seule copie Cr produit :

  • Palomino : sur base alezane (e/e + N/Cr)
  • Isabelle / Buckskin : sur base baie
  • Smoky black : sur base noire (souvent indiscernable visuellement d'un noir classique)

Probabilités de transmission et croisements

Connaître les probabilités d'obtenir un poulain palomino est essentiel en élevage :

  • Palomino (N/Cr) × non-crème (N/N) : 50 % de poulains N/Cr (dilués, donc palomino si base alezane) et 50 % N/N (non dilués).
  • Palomino × Palomino : distribution mendélienne attendue de 25 % N/N, 50 % N/Cr et 25 % Cr/Cr. Les sujets Cr/Cr sur base alezane donnent des cremello (peau rose, yeux bleus).

Il est donc impossible de garantir 100 % de poulains palomino, même en croisant deux parents palomino. Le test génétique préalable des reproducteurs est fortement recommandé pour raisonner les accouplements.

Robes proches et confusions fréquentes

Plusieurs robes peuvent être confondues avec le palomino à l'œil nu. Savoir les distinguer est crucial, notamment pour l'élevage orienté couleur.

  • Isabelle / Buckskin : corps jaune-sable similaire, mais la présence de points noirs (crins, extrémités des membres, raie de mulet) trahit une base baie. Le palomino n'a pas de points noirs.
  • Alezan à crins lavés (flaxen) : certains alezans présentent une crinière très claire sans porter le gène Crème. Seul un test génétique permet de trancher.
  • Champagne : robe dorée possible, mais peau tachetée rose/grise et yeux souvent verts ou noisette ; mécanisme génétique différent (gène Ch).
  • Cremello / Perlino : double dilution (Cr/Cr) ; peau rose, yeux bleus — facilement distinguable d'un palomino classique.
  • Pearl + Cream : combinaison rare produisant un phénotype similaire au cremello, à ne pas confondre avec un palomino simple.

En cas de doute, le recours au test ADN (laboratoire vétérinaire agréé) est la seule méthode fiable pour confirmer le génotype.

Histoire et registres de la robe palomino

Si la robe palomino est attestée depuis des siècles dans l'iconographie équestre — notamment associée aux chevaux ibériques diffusés dans les Amériques — c'est au XXe siècle que se structurent les premiers registres officiels dédiés à cette couleur.

Les grands registres américains

Les États-Unis ont été pionniers dans l'organisation de l'élevage orienté couleur :

  • Palomino Horse Association (PHA) : considéré comme le registre originel, il débute en Californie en 1935 et est officiellement incorporé en 1936.
  • Palomino Horse Breeders of America (PHBA) : formé à la fin des années 1930, incorporé en Californie le 25 juin 1941, puis réincorporé le 23 octobre 1946. Le siège est transféré à Tulsa (Oklahoma) en 1985. La PHBA revendique plus de 71 000 chevaux enregistrés dans ses livres.

Ces associations ont largement contribué à populariser le palomino dans la culture équestre nord-américaine, notamment dans les spectacles, parades et compétitions de show.

Le palomino en France : IFCE et associations

En France, la nomenclature officielle des robes relève de l'IFCE/SIRE. L'IFCE a publié le Nuancier des robes des équidés (2014), outil de référence pour l'identification, ainsi qu'un ouvrage dédié à la Génétique des robes des équidés (annoncé le 26 février 2020).

Sur le plan associatif, il existe en France des structures visant à promouvoir et enregistrer les chevaux palomino et isabelle. L'Association Nationale des Chevaux Palomino - Isabelle (référencée au RNA/INSEE, mise à jour novembre 2025) en est un exemple concret, témoignant d'un intérêt croissant pour ces robes au sein de la filière française.

Races concernées, morphologie et utilisations

Le palomino n'étant pas une race, il n'existe aucun standard morphologique universel propre à cette couleur. La taille, le poids et le type dépendent entièrement de la race porteuse.

On rencontre des palominos dans de très nombreuses races :

  • Quarter Horse : très fréquent, très apprécié dans les disciplines western et les parades.
  • Lusitanien et PRE (Pura Raza Española) : la robe palomino est particulièrement prisée dans ces races ibériques, avec une forte demande sur le marché international.
  • Cheval de sport (BWP, KWPN, SBS…) : présent, bien que moins courant ; la valeur sportive prime sur la couleur.
  • Poneys (Welsh, Haflinger, Shetland…) : certaines races de poneys produisent régulièrement des sujets palomino.
  • Tennessee Walking Horse, Morgan, Paint Horse : races américaines où le palomino est bien représenté.

Côté utilisations, elles suivent celles des races porteuses : équitation de loisir, sport (dressage, CSO, CCE), travail et spectacle. La forte valeur esthétique du palomino en fait une robe particulièrement recherchée pour les présentations, parades et shows, où l'aspect visuel joue un rôle central.

Élevage orienté palomino et marché

Produire des poulains palomino de manière raisonnée implique de maîtriser à la fois la génétique des robes et les objectifs zootechniques classiques.

Conseils pour un élevage raisonné

Avant tout accouplement orienté couleur, il convient de :

  • Tester génétiquement les reproducteurs (allèles N et Cr, mais aussi la base alezane/baie/noire) pour calculer les probabilités réelles.
  • Ne jamais sacrifier les critères zootechniques essentiels (conformation, santé, locomotion, mental) au profit de la seule couleur.
  • Anticiper la possibilité d'obtenir des cremello (Cr/Cr) lors de croisements palomino × palomino : ces sujets sont parfaitement sains mais peuvent être moins valorisés sur certains marchés.
  • Raisonner en termes de base génétique (alezan obligatoire pour obtenir palomino) et de dilution (une seule copie Cr).

Prix du marché : ordres de grandeur

Le prix d'un cheval palomino est avant tout déterminé par sa race, son âge, son niveau de travail, ses performances et ses papiers. La robe peut générer une prime esthétique, mais ne remplace pas les critères sportifs ou d'élevage.

À titre indicatif, sur la base d'annonces récentes :

  • Poulain / jeune cheval loisir : à partir de 3 000 € environ.
  • Jeune cheval avec papiers et qualités sport : entre 5 000 € et 10 000 €, voire davantage selon le stud-book et le modèle.
  • Cheval dressé ou sportif confirmé : peut dépasser largement ces fourchettes selon le niveau et la discipline.

Ces chiffres sont des ordres de grandeur issus d'annonces publiques et ne constituent pas une cotation officielle.

Conclusion

La robe palomino, avec son éclat doré et ses crins d'argent, est bien plus qu'un simple critère esthétique : elle est le reflet d'un mécanisme génétique précis et fascinant. Comprendre la génétique du gène Crème, savoir distinguer le palomino de ses robes voisines et raisonner l'élevage avec rigueur sont les clés pour valoriser ce phénotype sans sacrifier la qualité zootechnique. Que vous soyez éleveur, acheteur ou simplement passionné, le palomino reste l'une des robes les plus captivantes du monde équin.

Cet article vous a plu ? Réagissez !

Questions fréquentes

Non, le palomino est une <strong>robe (phénotype)</strong>, pas une race. Il peut apparaître dans de nombreuses races différentes (Quarter Horse, Lusitanien, cheval de sport, poneys…) dès lors que le cheval porte le bon génotype. C'est une confusion très fréquente qu'il est important de corriger.

Notez cet article

📚 Sources et références

Articles liés

Ardennais — Guide Cheval
Race

Ardennais : la plus ancienne race de trait française

L'Ardennais est souvent présenté comme la plus ancienne race de trait du territoire français, issu du massif ardennais, cette région transfrontalière partagée entre la France, la Belgique et le Luxemb...

Lire l'article →
Percheron — Guide Cheval
Race

Percheron : le géant élégant du Perche

Le Percheron est sans doute le plus célèbre des chevaux de trait français. Né dans la région du Perche, à cheval entre la Normandie et le Centre, il allie une puissance remarquable à une élégance rare...

Lire l'article →
Appaloosa — Guide Cheval
Race

Appaloosa : la race aux robes tachetées des Nez-Percés

L'Appaloosa est l'une des races équines les plus reconnaissables au monde, célèbre pour ses robes tachetées spectaculaires et son histoire intimement liée au peuple amérindien des Nez-Percés. Né dans ...

Lire l'article →
cheval Frison — Guide Cheval
Race

Cheval Frison : la race noire aux allures royales

Avec sa robe d'un noir d'encre, sa crinière ondulée tombant en cascade et son trot spectaculairement relevé, le cheval Frison est l'une des races les plus reconnaissables au monde. Originaire de la pr...

Lire l'article →
fourbure cheval — Guide Cheval
Santé

Fourbure chez le cheval : causes, symptômes et traitements

La fourbure du cheval, également appelée laminite, est l'une des affections les plus redoutées en médecine équine. Elle se définit comme une inflammation douloureuse des lamelles du pied, ces tissus q...

Lire l'article →
débourrage cheval — Guide Cheval
Éthologie

Débourrage du cheval : guide expert étape par étape

Le débourrage du cheval représente l'une des étapes les plus déterminantes de toute sa vie équestre. Cette phase d'éducation fondamentale vise à amener le jeune cheval à accepter l'équipement, le poid...

Lire l'article →

Commentaires

Connectez-vous pour laisser un commentaire et rejoindre la communauté Guide Cheval

Restez informé

Recevez nos meilleurs articles sur le monde équestre directement dans votre boîte mail.

Pas de spam. Désinscription possible à tout moment.