Le Karabakh est le fruit d'une sélection pluriséculaire menée dans la Transcaucasie, au carrefour des influences persanes, turkmènes, arabes et locales. Son berceau historique est la région du Karabakh, territoire situé entre les fleuves Koura et Araxe, aujourd'hui au cœur de l'Azerbaïdjan.
Fiche de la race
- Origine
- Région du Karabakh, Transcaucasie, Azerbaïdjan (entre les fleuves Koura et Araxe)
- Taille
- 142 à 155 cm (moyenne 148-149 cm)
- Poids
- 350 à 400 kg
- Utilisations
- Cheval de selle, Travail, Loisirs
- Tempérament
- Équilibré, Coopératif, Énergique, Volontaire, Non agressif, Docile, Intelligent, Grégaire
Origine et histoire du cheval Karabakh
Des croisements orientaux fondateurs
L'historiographie de la race reste partiellement controversée : les récits nationaux lui attribuent parfois une très grande ancienneté, tandis que les sources occidentales retiennent plutôt une construction progressive par croisements entre chevaux persans, turkmènes, arabes et Akhal-Téké avec des souches locales caucasiennes. Ce métissage oriental explique en grande partie les reflets métalliques dorés caractéristiques de la robe, trait partagé avec l'Akhal-Téké.
L'âge d'or de la race correspond aux XVIIIe et XIXe siècles, sous le khanat du Karabagh, dont les khans finançaient une sélection rigoureuse dans leurs haras. Le Karabakh a également influencé d'autres races, notamment le cheval du Don en Russie.
Rayonnement international et reconnaissance
Dès le XIXe siècle, la race attire l'attention au-delà du Caucase. En 1823, une compagnie britannique acquiert 60 juments de race pure, témoignant de l'intérêt international pour ces chevaux. En 1867, un étalon Karabakh — souvent cité sous le nom de Khan — reçoit une médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris, consacrant la réputation de la race sur la scène européenne.
La période soviétique marque une relance organisée : en 1921, un haras est ouvert avec un noyau initial d'une vingtaine d'étalons dont une majorité de Karabakh. En 1948-1949, le haras d'État d'Agdam (Aghdam) est créé pour structurer l'élevage. Un stud-book officiel est ouvert en 1981, dans un contexte de reconstitution après des croisements avec l'Arabe.
Les conflits successifs du Haut-Karabagh (à partir de 1988, puis en 2020 et 2023) ont profondément perturbé la conservation de la race, contraignant notamment le déplacement du centre d'élevage d'Aghdam vers Aghdjabadi en 1994.
Morphologie et standard de la race
Le Karabakh est un cheval de selle léger de type oriental, médioligne, harmonieux et élégant. Ses mensurations varient selon les sources et les époques, mais les fourchettes les plus communément admises sont les suivantes :
- Taille au garrot : 142 à 155 cm (environ 14 à 15,1 mains), avec une moyenne souvent citée autour de 148-149 cm
- Poids : 350 à 400 kg selon les fiches de synthèse les plus répandues
- Périmètre thoracique : environ 165 cm (données associatives)
Description physique détaillée
La tête est petite, légère, au profil rectiligne ou légèrement concave, avec de grands yeux expressifs, des naseaux larges et des oreilles pointues et mobiles. L'encolure est longue, droite, bien attachée sur un garrot relevé. L'épaule est inclinée, favorisant des allures souples et amples.
Le corps est compact mais bien proportionné : poitrine ample, dos long et droit, croupe légèrement oblique. Les membres sont fins mais musclés, avec des articulations sèches et des pieds particulièrement durs (corne de teinte noir bleutée), adaptés aux terrains rocheux et montagneux. La crinière et la queue sont foncées, la queue attachée assez bas.
La peau est fine et le poil brillant, caractéristiques typiques des races orientales. Les allures sont décrites comme souples, confortables et agiles, avec une capacité remarquable à changer de direction rapidement — qualité précieuse pour le Chovqan et les terrains accidentés.
Robes et particularités chromatiques
La robe est l'un des traits les plus distinctifs du Karabakh. Les couleurs dominantes sont :
- Alezan doré : la robe de loin la plus fréquente, représentant selon certaines synthèses environ 90 % des animaux enregistrés
- Bai (brun) : présent mais moins courant
- Gris, isabelle, palomino : plus rares
La particularité la plus remarquée est la présence de reflets dorés ou métalliques sur la robe, attribués par plusieurs auteurs aux influences de chevaux orientaux de type Akhal-Téké dans la construction historique de la race. Ces reflets confèrent au Karabakh une allure somptueuse qui contribue à son statut de symbole national azerbaïdjanais.
Caractère, aptitudes et utilisations
Le Karabakh est unanimement décrit comme un cheval au tempérament équilibré et coopératif. Énergique et volontaire, il n'est pas agressif et développe facilement un lien de confiance avec l'homme. Sa docilité, son intelligence et son caractère grégaire en font un partenaire apprécié aussi bien pour le travail que pour les loisirs.
Rusticité, endurance et sobriété
Forgé par des siècles d'élevage en milieu montagneux et steppique, le Karabakh est réputé pour sa résistance aux maladies, sa longévité et sa sobriété alimentaire. Il supporte des variations climatiques importantes et peut travailler sur des terrains difficiles où d'autres races seraient en difficulté. Ses pieds durs et son équilibre naturel en font un cheval pied sûr par excellence.
Ces qualités de rusticité ont historiquement fait du Karabakh un cheval polyvalent : utilisé en selle pour la randonnée et les déplacements en montagne, mais aussi au bât et à l'attelage dans des contextes de terrain difficile.
Le Chovqan et les utilisations sportives
L'utilisation la plus emblématique du Karabakh reste le Chovqan (ou Tchovghan), jeu équestre traditionnel azerbaïdjanais proche du polo. Selon la description de l'UNESCO, ce jeu oppose deux équipes de cinq cavaliers (deux arrières et trois avants), qui s'affrontent avec des maillets en bois pour propulser une balle en cuir ou en bois dans le but adverse, sur un terrain plat enherbé.
L'inscription du Chovqan en 2013 sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente (dossier UNESCO n°00905) souligne à la fois la valeur culturelle de cette pratique et sa fragilité : l'UNESCO pointe la diminution du nombre de chevaux Karabakh disponibles comme l'un des facteurs de menace directs.
Au-delà du Chovqan, le Karabakh est apte à la course sur courtes et moyennes distances, à l'endurance et aux disciplines de selle modernes. Il a également été utilisé en croisement pour améliorer la rusticité, l'élégance et la vitesse d'autres races orientales ou sportives.
Statut de conservation et effectifs
Le Karabakh est aujourd'hui une race rare et menacée. Les effectifs sont difficiles à chiffrer avec précision en raison des définitions variables (race pure versus type, recensements nationaux versus internationaux) et des perturbations liées aux conflits armés dans la région du Haut-Karabagh.
La plupart des synthèses disponibles évoquent moins de 1 000 individus, certaines sources parlant de « quelques centaines » à certaines périodes. L'élevage est concentré en Azerbaïdjan, principalement autour de structures étatiques et privées dans les régions de Shaki/Chaki et d'autres centres, après le déplacement du haras historique d'Aghdam.
L'UNESCO souligne explicitement le lien entre la diminution des chevaux Karabakh disponibles et la fragilisation de la pratique du Chovqan, créant un cercle vicieux : moins de chevaux signifie moins de pratiquants, et moins de pratiquants signifie moins d'incitation à élever la race. L'urbanisation, la migration des jeunes générations et le désintérêt pour les traditions équestres aggravent cette situation.
Il n'existe pas à ce jour de stud-book international formel pour le Karabakh en dehors de l'Azerbaïdjan. La présence de la race en Europe reste très limitée et anecdotique.
Le Karabakh en France : statut administratif et acquisition
La race Karabakh n'est pas gérée par l'IFCE (Institut Français du Cheval et de l'Équitation) et ne dispose pas de stud-book français dédié. Un cheval Karabakh importé en France sera le plus souvent enregistré au SIRE avec ses papiers d'origine azerbaïdjanais si ceux-ci sont reconnus, ou à défaut classé en catégorie OC/ONC (Autre Cheval / Autre Non Connu) selon le dossier administratif.
Acquisition et ordre de prix en France
La rareté extrême du Karabakh sur le marché français rend impossible l'établissement d'une cote de race précise. On raisonne plutôt par profil et par rareté d'importation. À titre indicatif, en France en 2025 :
- Cheval de loisir : 1 000 à 3 000 € (toutes races confondues)
- Cheval amateur sport : 5 000 à 15 000 €
- Cheval confirmé en compétition : 15 000 à 30 000 € et plus
Pour un Karabakh importé avec papiers complets, dressage avancé et robe recherchée, le prix pourrait se situer au-dessus de ces fourchettes en raison de la rareté et des frais d'importation. À l'inverse, un statut administratif flou ou des frais vétérinaires et de transport importants peuvent peser à la baisse.
Points de vigilance pour un acheteur en France :
- Vérifier la traçabilité et les papiers d'origine (stud-book azerbaïdjanais)
- S'assurer de la conformité aux règles d'importation en vigueur
- Anticiper l'enregistrement SIRE/IFCE selon le statut administratif du cheval
- Prévoir les tests sanitaires obligatoires à l'importation
Vidéos
Clin d oeil sur le Monde Azerbaïdjan Les chevaux du Karabakh
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Questions fréquentes
Le Karabakh mesure généralement entre 142 et 155 cm au garrot (environ 14 à 15,1 mains), pour un poids de 350 à 400 kg. La taille moyenne souvent citée dans les synthèses zootechniques est d'environ 148-149 cm.
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📚 Sources et références
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