Le cheval Mérens tire son nom de la commune de Mérens-les-Vals, nichée dans la haute vallée de l'Ariège, aux portes de l'Andorre. Sa présence dans ces montagnes est attestée depuis des temps très anciens, et certains auteurs évoquent des représentations rupestres qui pourraient lui être apparentées. La première mention officielle du nom « Mérens » pour désigner cette race remonte à 1866.
Né dans les hauteurs de l'Ariège, au cœur des Pyrénées centrales, le cheval Mérens est l'une des races équines les plus emblématiques de France. Reconnaissable à sa robe d'un noir profond et à sa silhouette compacte et musclée, cet « Ariégeois » incarne la rusticité et l'endurance façonnées par des siècles de vie en montagne. Longtemps cheval de travail paysan et monture d'artillerie, il a frôlé la disparition dans les années 1960 avant de connaître un remarquable renouveau. Aujourd'hui apprécié pour son caractère doux et sa polyvalence, il séduit aussi bien les randonneurs que les amateurs d'attelage ou de TREC. Plongez dans l'histoire, la morphologie et les usages de ce trésor vivant des Pyrénées.
Fiche de la race
- Origine
- Mérens-les-Vals, haute vallée de l'Ariège, Pyrénées (France)
- Longévité
- environ 30 ans
- Utilisations
- équitation de loisir, randonnée équestre, activités d'endurance
- Tempérament
- calme, docile, doux, obéissant, sûr
Origines et histoire du cheval Mérens
Les grandes étapes de la race
L'histoire structurée du Mérens s'articule autour de plusieurs jalons fondateurs :
- 1872 : organisation du premier concours de race à Ax-les-Thermes, marquant la volonté de sélectionner et valoriser ces chevaux.
- 1908 : relance des concours et mise en place d'un contrôle des élevages, posant les bases d'une sélection organisée.
- 1933 : création d'un syndicat d'élevage dédié au Mérens, ancêtre du SHERPA actuel.
- 27 mars 1947 : ouverture officielle du stud-book par arrêté préfectoral de l'Ariège ; sa tenue est confiée au SHERPA sous contrôle des Haras nationaux (aujourd'hui l'IFCE). En 1948, seulement 8 étalons y sont enregistrés, signe d'un effectif alors très réduit.
- 1946 : l'armée française cesse d'utiliser le Mérens comme cheval d'artillerie en montagne, accélérant son déclin.
- 1964 : point historiquement bas avec environ 20 naissances enregistrées, la race frôlant l'extinction.
- 1998 : adoption du nom officiel « Cheval de Mérens », consacrant l'identité de la race dans les textes réglementaires.
Depuis les années 1970-1980, un effort collectif d'éleveurs passionnés, soutenu par les institutions, a permis un redressement spectaculaire des effectifs et une reconnaissance nationale de la race.
Morphologie et standard de la race
Le cheval Mérens présente un profil de petit cheval de montagne compact et harmonieux, à mi-chemin entre le poney rustique et le cheval de selle léger. Son aspect général traduit immédiatement la robustesse et l'adaptation à un milieu exigeant.
Taille et poids
La taille au garrot se situe généralement entre 1,45 m et 1,55 m, avec un minimum admis de 1,35 m. Le standard vise une taille moyenne de 1,49 m pour les mâles et 1,45 m pour les femelles. On distingue aujourd'hui deux tendances :
- Un type traditionnel de montagne, plus petit et plus rustique, proche des origines.
- Un type sportif, légèrement plus grand, sélectionné pour l'attelage et les disciplines de compétition.
Le poids oscille entre 400 et 500 kg pour les sujets de type selle, pouvant atteindre 600 kg pour les individus les plus charpentés.
La robe noire zain : une signature unique
La robe du Mérens est l'une de ses caractéristiques les plus distinctives : le standard n'admet que le noir zain, c'est-à-dire un noir uniforme et profond, sans aucune marque blanche. Cette exigence est strictement respectée pour l'inscription au stud-book.
Quelques particularités méritent d'être notées :
- Des reflets rubicans (zones légèrement plus claires sur les flancs) sont possibles et parfois appréciés.
- En hiver, la robe peut prendre des reflets légèrement roussâtres sous l'effet du soleil et du froid.
- Les poulains naissent parfois avec des teintes transitoires (gris argenté, « café au lait ») qui disparaissent après le sevrage pour laisser place au noir définitif.
Autres caractères physiques notables : des pieds solides à corne noire, une crinière et une queue fournies, et une constitution générale qui témoigne d'une excellente adaptation aux terrains difficiles.
Caractère et aptitudes du Mérens
Le cheval Mérens jouit d'une réputation unanimement positive sur le plan du tempérament. Calme, docile, doux et obéissant, il est considéré comme un cheval particulièrement sûr, ce qui en fait un compagnon idéal pour des cavaliers de tous niveaux, y compris les débutants et les enfants.
Sa rusticité est légendaire : habitué aux hivers rigoureux des Pyrénées, il se contente d'une alimentation modeste, supporte les variations climatiques extrêmes et présente une remarquable résistance aux maladies courantes. Son anatomie/esperance-vie-cheval" class="cocon-link" title="espérance de vie cheval">espérance de vie est estimée à environ 30 ans, ce qui en fait un compagnon de longue durée.
L'endurance est une autre qualité maîtresse du Mérens. Capable de parcourir de longues distances en terrain accidenté sans se fatiguer excessivement, il excelle naturellement dans les activités qui demandent persévérance et régularité plutôt que vitesse pure.
Utilisations : du travail paysan aux disciplines modernes
L'histoire des usages du Mérens reflète les transformations profondes de la société rurale française au cours des deux derniers siècles.
Usages historiques
Pendant des siècles, le Mérens fut le cheval de travail indispensable des paysans ariégeois : labour, transport de marchandises, déplacement en montagne. Sa capacité à évoluer sur des sentiers escarpés et enneigés en faisait un outil irremplaçable. L'armée française l'utilisa également comme cheval d'artillerie en montagne, un rôle qu'il assuma jusqu'en 1946, date à laquelle la mécanisation rendit ces animaux obsolètes pour l'usage militaire.
Usages contemporains
Aujourd'hui, le Mérens s'est parfaitement reconverti dans les disciplines de loisir et de sport :
- Randonnée équestre : c'est sans doute son usage le plus répandu, pour lequel ses qualités d'endurance et de sûreté de pied sont particulièrement appréciées.
- Attelage : sa puissance et son calme en font un excellent cheval d'attelage, aussi bien pour le loisir que pour la compétition.
- TREC (Technique de Randonnée Équestre de Compétition) : discipline où ses aptitudes naturelles en terrain varié lui confèrent un avantage certain.
- Voltige : notamment la voltige en cercle, pour laquelle son dos large et son allure régulière sont des atouts.
- Écopâturage : sa rusticité et sa sobriété en font un outil précieux pour l'entretien d'espaces naturels difficiles d'accès.
Élevage, stud-book et conservation de la race
L'organisation de l'élevage du Mérens repose sur le SHERPA (Syndicat Hippique d'Élevage de la Race Pyrénéenne Ariégeoise), qui gère le stud-book sous le contrôle de l'IFCE (Institut Français du Cheval et de l'Équitation). Ouvert le 27 mars 1947 par arrêté préfectoral, ce registre généalogique est le garant de la pureté et de la traçabilité de la race.
La sélection vise à maintenir les caractères traditionnels de la race — robe noire zain, rusticité, tempérament — tout en permettant une évolution vers des aptitudes sportives plus affirmées. Comme pour toutes les races locales à effectifs limités, la gestion de la diversité génétique et la prévention de la consanguinité constituent des enjeux majeurs, soulignés par les travaux de l'IFCE et de l'INRAE (notamment la webconférence de février 2025 sur les races locales). Des études scientifiques, comme celle de Leroy et al. (2009) publiée dans Genetics Selection Evolution, ont mis en évidence l'importance de surveiller la différenciation génétique entre races françaises pour préserver leur patrimoine génétique unique.
Sur le plan du marché, les prix des chevaux Mérens sont relativement accessibles : selon l'observatoire d'annonces Equirodi (échantillon de 509 chevaux), le prix médian se situe autour de 3 245 € et le prix moyen à 2 833 €, avec une forte variabilité selon l'âge, le niveau de débourrage et la valorisation sportive de l'animal.
Conclusion
Le cheval Mérens incarne à lui seul la résilience et la beauté des races équines françaises de terroir. Revenu de l'extrême bord de l'extinction dans les années 1960, il s'est imposé comme une race polyvalente, accessible et profondément attachante. Sa robe noire zain, son tempérament irréprochable et sa rusticité légendaire en font un compagnon d'exception pour la randonnée, l'attelage ou simplement la vie au grand air. Soutenir l'élevage du Mérens, c'est aussi préserver un patrimoine vivant unique, ancré dans l'identité pyrénéenne.
Cet article vous a plu ? Réagissez !
Questions fréquentes
Oui, le Mérens est réputé pour son tempérament particulièrement calme, doux et docile. Sa sûreté de caractère en fait un excellent cheval pour les cavaliers débutants ou les familles, à condition de respecter ses besoins en espace et en activité.
Notez cet article
📚 Sources et références
- [1]
- [2]
- [3]
- [4]
- [5]
- [6]
- [7]
- [8]
- [9]
Articles liés

Ardennais : la plus ancienne race de trait française
L'Ardennais est souvent présenté comme la plus ancienne race de trait du territoire français, issu du massif ardennais, cette région transfrontalière partagée entre la France, la Belgique et le Luxemb...
Lire l'article →
Percheron : le géant élégant du Perche
Le Percheron est sans doute le plus célèbre des chevaux de trait français. Né dans la région du Perche, à cheval entre la Normandie et le Centre, il allie une puissance remarquable à une élégance rare...
Lire l'article →
Appaloosa : la race aux robes tachetées des Nez-Percés
L'Appaloosa est l'une des races équines les plus reconnaissables au monde, célèbre pour ses robes tachetées spectaculaires et son histoire intimement liée au peuple amérindien des Nez-Percés. Né dans ...
Lire l'article →
Cheval Frison : la race noire aux allures royales
Avec sa robe d'un noir d'encre, sa crinière ondulée tombant en cascade et son trot spectaculairement relevé, le cheval Frison est l'une des races les plus reconnaissables au monde. Originaire de la pr...
Lire l'article →
Fourbure chez le cheval : causes, symptômes et traitements
La fourbure du cheval, également appelée laminite, est l'une des affections les plus redoutées en médecine équine. Elle se définit comme une inflammation douloureuse des lamelles du pied, ces tissus q...
Lire l'article →
Débourrage du cheval : guide expert étape par étape
Le débourrage du cheval représente l'une des étapes les plus déterminantes de toute sa vie équestre. Cette phase d'éducation fondamentale vise à amener le jeune cheval à accepter l'équipement, le poid...
Lire l'article →Commentaires
Connectez-vous pour laisser un commentaire et rejoindre la communauté Guide Cheval
Restez informé
Recevez nos meilleurs articles sur le monde équestre directement dans votre boîte mail.
Pas de spam. Désinscription possible à tout moment.

