L'histoire du Paso Péruvien commence avec la conquête espagnole de l'Amérique du Sud au XVIe siècle. Les conquistadors débarquent avec des chevaux ibériques de haute qualité : des types Andalou (ancêtre du PRE), des Barbes d'Afrique du Nord et surtout le Genêt d'Espagne (Spanish Jennet), une race aujourd'hui disparue réputée pour ses allures naturellement amblées. C'est précisément ce patrimoine génétique qui pose les bases du paso llano.
Isolés dans les régions côtières et montagneuses du Pérou, ces chevaux se développent sans croisements extérieurs significatifs pendant près de 400 ans. Les éleveurs péruviens sélectionnent méthodiquement les individus offrant le plus de confort, de régularité d'allures et de présence — ce que l'on appellera plus tard le brio. Cette sélection en vase clos fixe progressivement un type morphologique et des allures d'une remarquable constance.
L'indépendance du Pérou en 1823 marque un tournant dans les synthèses historiques de la race : on distingue alors différents types régionaux, dont le type côtier qui deviendra le Paso Péruvien tel qu'on le connaît aujourd'hui. La formalisation de la race franchit une étape décisive en 1946 avec la création d'un stud-book centralisé. En 1992, le décret n° 25 919 consacre officiellement le Paso Péruvien comme patrimoine culturel national du Pérou, lui conférant une protection juridique unique parmi les races équines mondiales.
La diffusion internationale s'accélère à partir de 1973, date à laquelle Jean-Claude Dysli réalise la première importation documentée en Europe. Un stud-book européen, Paso Peruano Europa, voit le jour en 1982. En 2013, environ 700 chevaux y étaient enregistrés, témoignant d'une présence encore confidentielle mais en progression constante sur le Vieux Continent.







